7 Janvier 2022
Si je vous parle de cet homme aujourd’hui c’est parce que je suis tombée tout à fait par hasard en cherchant des informations sur un autre sujet, sur un article paru dans La revue de l’Agenais 1925 Tome LII Vol 3 publié par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Agen parlant de lui. L’article de J- R Marboutin dit ceci :
« Antoine Vallot est une célébrité du XVIIe siècle. Médecin de la reine régente Anne d’Autriche, il devient par la suite premier médecin de Louis XIV. Il fut avec Vautier, Guenaud et d’autres, un ardent partisan de l’émétique, du quinquina et du laudunum. Cela lui valut des inimité solides et des critiques acerbes. Guy Patin, pour ce motif, le détestait profondément et le qualifiait généreusement d’ignarus, d’ineptus nobulo, de méchante bête. […] On ignorait jusqu’ici le lieu d’origine de Vallot, M. Ed. Bonet, dans une notice publiée en 1915 ans le Bulletin du Muséum d’histoire naturelle, et intitulé : « Antoine Vallot, premier médecin de louis XIV et surintendant du Jardin Royal des Plantes : son anoblissement, le lieu de sa naissance, la faculté dans laquelle il a été reçu docteur », nous apprend qu’il était d’origine Agenaise. « Les registres de l’ancienne faculté de médecine de Reims, écrit M. Bonnet, que mon très obligeant confrère, M. le docteur Guelliot, a consulté sur ma demande, nous apprennent que Antoine Vallot a été reçu docteur de cette faculté le 9 juillet 1624, sous la présidence de Claude Gilat ; les titres de ses thèses ne sont pas mentionnés, mais il est qualifié, quant à sont lieu d’origine, par l’épithète Clariensis, adjectif dérivé de Clairiacum, dénomination latine de Clairac, petite ville de l’arrondissement de Marmande, dans le Lot-et-Garonne » »
Ainsi se termine l’article assez court de J -R Marboutin. Vous vous en doutez, je me suis précipitée sur les archives et moteurs de recherches pour vérifier cette information. Mais quelle ne fu ma déception en remarquant que cet article paru dans la Revue de l’Agenais était bien la seule mention de Vallot en tant que natif de Clairac. En poussant mes recherches, j’ai fini par trouver d’autres articles faisant référence à ce fameux qualificatif de « Clariensis » mais à ce moment-là surgit un autre nom, celui de Clérey (Clairei), un bourg près de Troyes. Dans un autre ouvrage de la Société Française d’Histoire de la Médecine Histoire des sciences médicales, l’auteur Alain Ségal indique : « Gui Patin avait tout à fait raison de dire qu'Antoine Vallot était Docteur de Reims étant inscrit sur le registre du Doyen Raussin avec cet intitulé au folio 129 :
Vallot, Clariensis, Antonius, 9 â julii 1624, Fol 30 Près : Claude Gillot Archiatrorum Cornes Ludovicii 14
Si Jean Astruc n'a jamais vu son nom dans les registres de Montpellier c'est bien qu'il n'y a aucune raison qu'il y soit, fait confirmé par notre ami Louis Dulieu, l'historien le plus fameux de la Faculté de médecine de Montpellier. Certes, Vallot est venu dans la région mais cela ne suffit pas à en faire un Docteur de Montpellier. Nous profitons donc du délicieux volume proposé par notre ami J-J. Peumery pour démontrer la réalité du doctorat rémois d'Antoine Vallot. »
Cet extrait nous permet de constater que le « Clariensis » y figure bien mais rien n’est fait comme référence. Cependant nous pouvons constater que même la ville d’origine dans laquelle il était médecin est sujette à débat.
Par la suite, mes recherches ont été infructueuses dans le sens où je n’ai pas trouvé d’autre analyse permettant de préciser la signification de ce fameux « Clariensis » qui peu ou non vouloir dire Clairacais.
Après une consultation des archives, infructueuse, des recherches difficiles et mitigées, pas grand-chose en fait (du moins des premières années de sa vie, enfance, éducation). Je continuerais à chercher dans les archives de la BNF si l’occasion se présente mais je doute de réussir à trouver quelque chose.
De mon point de vue, après avoir mené ces recherches, je suis convaincue qu’Antoine Vallot n’a jamais mis un pied à Clairac ou même dans le Lot-et-Garonne. Le fameux « Clariensis » doit signifier autre chose. Et plusieurs détails me font tiquer. Par exemple, Vallot était Catholique, chose peu courante dans un Clairac plutôt du côté réformé – même s’il y en avait, ils étaient assez peu nombreux. Le reste de la famille naitra sur la capitale et je n’ai trouvé aucune mention d’un voyage de Vallot ou d’un membre de sa famille sur la Guyenne. Bref, tout porte à croire que cet article de la Revue de l’Agenais a laissé entrevoir une belle histoire à raconter qui finalement s’avère fausse ou trop incomplète pour être fiable. Toutes fois, au vu du peu d'informations que j'ai réussit à trouver concernant Vallot et sa jeunesse, je ne suis pas certaine de cela mais j'ai de sérieux doutes. Si l'un d'entre vous possède des documents ou des connaissances sur la jeunesse de Vallot prouvant qu'il est bien né clairacais, n'hésitez pas à me le dire en commentaires et je serai ravie de rouvrir mon enquête et de la partager avec vous. Pour l'instant en tout cas, ma conclusion est simple : « Non, il n’est pas clairacais ».